Le Gazole Non Routier

Le gazole non routier (GNR) a été conçu pour répondre aux objectifs du protocole de Kyoto « lutter efficacement contre le réchauffement climatique et améliorer la qualité de l’air ». Le GNR réduit ainsi l’impact des émissions polluantes des moteurs sur l’environnement.

 

Le GNR est un carburant de traction réservé à un usage strictement professionnel, notamment pour les engins mobiles non routiers.

L’article 7 de l’arrêté du 10 décembre 2010 :  » Les moteurs à allumage par compression des engins listés à l’article 2 de l’arrêté du 10 novembre 2011 susvisé doivent être alimentés avec du gazole non routier conforme à l’article 2 du présent arrêté ou avec du gazole conforme à l’arrêté modifié du 23 décembre 1999 relatif aux caractéristiques du gazole et du gazole grand froid « .

Avec une teneur en souffre moins élevée que le gazole normal, le GNR favorise la diminution des gaz à effet de serre et des émissions de particules polluantes : 10 ppm (10 mg/kg) contre 1 000 ppm.

L’utilisation du GNR est homologuée par les fabricants de moteur dans le cadre de la norme EN 590 et, en cas de panne, la qualité de ce carburant ne sera nullement remise en cause.

 

Gazole non routier = vigilance

Le gazole non routier nécessite une vigilance particulière pour être conservé et restituer des propriétés optimum lors de la combustion.

  1. Remontée des impuretés

Ce carburant est doté de propriétés détergentes beaucoup plus importantes que le gazole routier. Cela signifie qu’il peut soulever des résidus présents dans les cuves ou les circuits de motorisation provoquant l’encrassement des filtres et des éléments d’injection.
Nous vous conseillons donc de vous rapprocher des réseaux de maintenance de vos équipements pour étudier les solutions adaptées à chacun.

  1. Un carburant qui supporte mal le stockage de longue durée

Composé d’un biocarburant hydrophile (Ester Méthylique d’Acide Gras), il est recommandé d’éviter le stockage de plus de 6 mois du GNR. Le stockage sur des périodes supérieures à un an dans les cuves est vivement déconseillé.
En cas d’immobilisation d’un engin sur plus de 6 mois, il est primordial de faire une vidange du réservoir pour éviter le risque d’altération du GNR.

Une attention toute particulière doit être aussi apportée à la présence d’eau dans les réservoirs qui peut potentiellement favoriser l’apparition de bactéries.

  1. Une tenue au froid moins importante

Le GNR possède des caractéristiques de tenue au froid adaptées aux conditions saisonnières. Sa faible tenue aux basses températures rend obligatoire l’utilisation d’une version dite « d’été » d’avril à octobre (minimum 0°C) et « d’hiver » de novembre à mars (avec antigel minimum -15°C). Ceci crée des contraintes de stockage importantes limitant son utilisation à 6 mois.

  1. Ne pas mélanger gazole non routier et gazole de chauffage dit « rouge »

Il est obligatoire de stocker le gazole non routier et le gazole dit « rouge » dans des cuves différentes et clairement identifiées.
Les deux carburants sont impossibles à différencier visuellement et toute erreur est lourde de conséquences car 1 litre de fioul suffit à altérer la qualité de 1 000 litres de GNR.

Rappel réglementaire

 

Article 1 de l’arrêté du 10/12/2010 : « Le gazole non routier ne peut être détenu en vue de sa vente ou vendu que s’il est conforme aux exigences minimales de la norme NF EN 590 ou de toute autre norme ou spécification en vigueur dans un Etat membre de l’Union européenne, ou de tout autre Etat membre de l’espace économique européen ou de la Turquie garantissant un niveau de qualité équivalent pour les mêmes conditions climatiques »

Article 2 : « Est dénommé « gazole non routier » le mélange d’hydrocarbures d’origine minérale ou de synthèse et éventuellement d’esters méthyliques d’acides gras conformes à l’arrêté du 30 juin 2010 relatif aux caractéristiques des esters méthyliques d’acides gras, répondant aux spécifications suivantes et destiné à l’alimentation des moteurs des engins mobiles non routiers, des tracteurs agricoles et forestiers, des bateaux de plaisance lorsqu’ils ne sont pas en mer et des bateaux de navigation intérieure, définis à l’article 2 de l’arrêté du 10 novembre 2011 fixant pour le gazole, les carburéacteurs, les gaz de pétrole liquéfiés et les émulsions d’eau dans du gazole, des conditions d’emploi ouvrant droit à l’application du régime fiscal privilégié institué par l’article 265 du code des douanes en matière de taxe intérieure de consommation.

  1. a) Les caractéristiques techniques du gazole non routier sont conformes à celles reprises à l’annexe I de l’arrêté modifié du 23 décembre 1999 relatif aux caractéristiques du gazole et du gazole grand froid ;
  2. b) Le gazole non routier ne peut être mis à la consommation, vendu ou cédé à quelque titre que ce soit, que s’il contient les colorants et agents traceurs désignés à la colonne (1) du tableau de l’article 3 de l’arrêté du 10 novembre 2011 susvisé, dans les doses indiquées à la colonne (2) du tableau de l’article 3 de l’arrêté du 10 novembre 2011 susvisé.
  3. c) Toute interprétation des résultats des mesures concernant les spécifications relève de la norme NF EN ISO 4259 (spécifications des produits pétroliers et application des valeurs de fidélité relatives aux méthodes d’essai)».